Quand je me sens seul, je me fais un chocolat chaud. Trois cuillères de poudre dans un simple mugg.
Si j'ai un bout de meringue sous la main, je l'immerge dans le chocolat brûlant. C'est cliché tout ça, certes,
mais tellement efficace, en guise de réconfort. Puis j'allume cinq bougies. Une grosse que je met dans un
photophore, trois petites sur le meuble chinois, & une autre, sur le rebord de la fenêtre, dans une sorte
de ramequin transparent teinté violet. & je regarde au loin par la fenêtre, les yeux perdus, l'esprit égaré. Le
chocolat diminue au rythme des gorgées. Le temps passe. & j'attends. J'attends parfois durant de longues
minutes, pourtant si courtes, que la flamme dansante sur la fenêtre se noie dans la cire, ou soit soufflée par
la bise. Tragique destin. & je me sens bien. Cas des fois, le meilleur réconfort n'est pas la compagnie, mais la
solitude auprès d'une flamme éphémère, le goût du chocolat dans le c½ur, à la lueur de la lune. Car nous avons
tous mal au c½ur, au moral & à l'esprit, des jours, des soirs ...